6 janvier 2011

Les paysans bio en danger

Les paysans avancent, le gouvernement recule, comment veux-tu, comment veux-tu  ?

Et pourtant… les paysans bio ont reçu leur compte à la fin de l’année ! Une vulgarité à peine masquée pour attribuer un CARTON ROUGE à une mesure qui est passée inaperçue ! Noël et les fêtes de fin d’année auront été une occasion rêvée pour faire passer un amendement prévoyant une réduction de 50% du crédit d’impôt aux agriculteurs convertis au bio.

Désormais, ce crédit d’impôt ne pourra excéder 2 000 euros, au lieu de 4 000 jusque-là !  Il faut savoir que ce crédit d’impôt constitue pourtant l’unique dispositif d’aide pour les petites exploitations biologiques.

credit impot agriculture bio

Une décision en parfaite contradiction avec les engagements du Grenelle de l’environnement :

La loi Grenelle prévoit dans son article 31 de “favoriser la production et la structuration de cette filière pour que la surface agricole utile en agriculture biologique atteigne 6% en 2012 et 20% en 2020.”

Avec un peu plus de 2% des surfaces agricoles en bio en 2010 selon les derniers chiffres, la France reste la lanterne rouge de l’agriculture bio européenne.

“Je ne convertis plus rien au bio”

Le quotidien Libération a publié cette semaine le témoignage d’un agriculteur en conversion bio qui a décidé de ne plus rien convertir…

«Je ne convertis plus rien en bio» ! Pour cet agriculteur francilien, l’avenir de son exploitation est en suspens ! Depuis deux ans, il a fait passer 50 de ses 238 hectares, situés sur le plateau de Saclay en Essonne, en agriculture biologique. Et comptait convertir la totalité de ses terres. «Mais on ne peut pas piloter à vue, sans savoir quelles aides on recevra l’année prochaine… Pour l’instant, je ne convertis rien de plus en bio.»

Si cet agriculteur n’a guère de souci à se faire (l’essentiel de ses aides financières viennent des aides aux surfaces), il fait remarquer à juste titre que l’instabilité des décisions gouvernementales posent problème.

Un véritable recul qui risque de faire hésiter les agriculteurs qui se posent encore la question de la conversion ou qui étaient sur le point de se convertir au bio.

Un véritable recul qui laisse nos agriculteurs sur leur faim.

Les associations se révoltent

Des associations telles que  la Confédération paysanneNature et progrès et la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FANB), s’indignent également envers ce qu’elles estiment être «une mesure drastique à l’échelle des fermes» contre un «crédit d’impôt qui avait comme principal mérite de remettre un peu de justice dans l’attribution des aides, notamment parce qu’il ciblait surtout les petites structures qui n’en percevaient pas ou très peu.»

Pour la Fnab, quinze exploitations agricoles se convertissent au bio chaque jour en France. Une dynamique qui pourrait être divisée par deux avec ce nouvel amendement !

Le gouvernement persiste et signe

Si la mesure est passée inaperçue, la grogne des associations s’est bien fait sentir, et le gouvernement a tenu à réaffirmer ses engagements pour l’agriculture biologique via un communiqué commun des ministères de l’Écologie et de l’Agriculture daté du 5 janvier 2011. Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet veulent rassurer en rappelant que les aides européennes et de l’État permettront d’”accompagner” la production biologique française. Ils ont souligné que la France bénéficiera d’une augmentation de 18% des aides de la PAC (Politique agricole commune) qui s’élèveront à 84 millions d’euros (conversion et maintien) en 2011 contre 71 millions en 2010.

L’agriculture biologique : une solution durable

Rappelons que l’agriculture biologique est une pratique moderne, propre, durable :

  • bénéfique pour notre environnement,
  • bénéfique pour notre santé
  • bénéfique pour la création d’emplois non délocalisables.

Casser une dynamique de développement encore fragile va inévitablement freiner la montée en puissance d’une chaîne vertueuse, capable de répondre aux défis actuels…

La demande de produits bio augmente, mais sans producteur, que faire ?

Les français veulent plus de produits bio et on est en droit de se demander ce qu’il va rester au marché Bio français pour s’approvisionner ? L’importation (la France importe déjà 40 % des produits bio consommés) ? Est-ce vraiment une solution souhaitable et pérenne ? En aucun cas !

Ne serait-il pas plus cohérent d’encourager la production biologique locale ?

Nature & Progrès, la Confédération Paysanne et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) demandent vivement à ce que le Ministère de l’économie revoit sa copie, en accord avec les annonces du Grenelle !

Nous aussi !

Les écoinformateurs

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Ils en ont aussi parlé :

21 octobre 2010

Parce qu’il y a “vin bio” et “vin bio”

Pourquoi je commence à m’intéresser aux vins de près ? J’ai lu Anti cancer cet été et j’ai été contente d’apprendre d’un verre de vin rouge par jour était très bon pour la santé (enfin je le savais déjà mais bon ça confirme) ! Depuis dans ma quête d’une cuisine santé j’essaie toujours d’en savoir un peu plus sur ce qu’il y a dans nos verres et nos assiettes !

vin bio

Comment un vin peut obtenir le label AB ?

Tout simplement en utilisant du raisin issu de l’agriculture biologique ni plus ni moins ! A l’heure actuelle aucun cahier des charges n’existe permettant de contrôler les vinifications. Vous avez vu vous une liste d’ingrédients sur les bouteilles de vins ? Et bien non c’est un des rares produits alimentaires qui n’en a pas ! C’est un peu léger vous allez me dire, je trouve aussi ! Je pense que les consommateurs aimeraient largement avoir un meilleur étiquetage pour s’y retrouver ! En tout cas c’est bon cas !

Mais pourquoi utiliser du chimique dans un vin bio ?

Grâce A cause de l’industrialisation et la standardisation les vignerons tentent année après année d’avoir un goût et une couleur stable. Pour cela ils utilisent des intrants plus ou moins chimiques et plus ou moins bon pour la santé. Vous devez déjà connaître les sulfites car de plus en plus de gens y sont allergiques. Dans le détail je ne pourrais pas vous dire exactement de quoi il retourne car ce n’est pas mon métier mais on y retrouve conservateurs, levures, antioxydants, acide tartrique…

Mais alors comment je fais pour être sur que mon vin est bio ?

Heureusement il y a encore des vignerons qui ont conscience que le vin est un produit vivant, qu’il faut le respecter ! Il y a des puristes qui ont choisis de se passer des intrants chimiques et vous pouvez les reconnaitre grâce à plusieurs logos.

Celui de la FNIVAB (Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l’Agriculture Biologique)

fnivab

Celui de Nature et progrès

nature et progrès

Liste des vignerons adhérents chez Nature et progrès

Liste trouvée sur le site Nature et progrès

Voir aussi l’association des vins naturels

“L’association a été créée par une bande de vignerons, plutôt une bande de copains, élaborant tous des vins selon des principes stricts, en culture biologique, biodynamique ou presque et ayant une ferme volonté de poursuivre cette philosophie en cave, bannissant l’œnologie interventionniste…”

Extrait de la charte Demeter, qui certifie la biodynamie

L’agriculture bio-dynamique s’est donnée pour but de sauvegarder et même d’accroître la fertilité de la terre et la qualité des produits agricoles. Cet idéal ne peut être atteint que si le travail agricole est fait en plein accord avec les lois du vivant.

L’agriculture Bio-Dynamique permet à la vigne de s’exprimer parfaitement. De ce fait, le travail en cave s’en trouve réduit, car ce qui se passe dans le chais n’est que la conséquence des pratiques sur la vigne.

La qualité première d’un vin Demeter est liée à la qualité des raisins Demeter. De ce fait, l’objectif d’un vigneron travaillant en Bio-Dynamie est de produire un vin issu uniquement de :

  • Raisins Demeter, respectant le cahier des charges « Production »,
  • Sans aucun ajout pour la vinification, l’élevage et la conservation.

Les pratiques choisies doivent s’inscrire dans le respect et la compréhension de l’environnement et les équilibres naturels du lieu.

Le but de la vinification de raisins Demeter est la conservation et si possible le renforcement des qualités qui sont issues de l’Agriculture Bio-Dynamique. Sont interdits notamment l’acidification, enzymage et tannisage, le levurage exogène et l’excès de soufre.

Des surprises avec le vin bio ?

Certes vous n’aurez pas un vin de qualité uniforme ! Il pourra même être gazeux, le résultat est moins “contrôler” et le goût pourra vous surprendre ou vous sembler inhabituel. Des restaurant étoilés se mettent à servirai ce type de vin bio et ils commencent à plaire !
Je sais pas vous mais moi je suis convaincu :)

Sélection de vins bio de bio par Sylvain de chez ardoneo

En bon rapport qualité prix, il y a ce bordeaux, une des références en Loire, le Sancerre de Vacheron ou cet Alsace par exemple qui est un superbe gewurtz ; en découverte coup de cœur, je citerai le domaine Terre des chardons

Pour aller plus loin quelques livres sur le vin bio

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