13 janvier 2011
Jardin écologique : composteur, faire son compost et réduire ses déchets
Dans une poubelle classique non triée on trouve de 25 à 30% de déchets organiques composable et pour ceux qui trient déjà leur poubelle ce pourcentage peut vite grimper à 50%. Enorme me direz-vous ! Et oui je suis bien d’accord ! De fait, investir dans un bac à compost quand on a un jardin parait assez évident. C’est le premier accessoire (après les mangeoires pour les oiseaux) qui est venu décorer mon nouveau jardin.

Choisir le bac à compost idéal
Il ne faut pas qu’il y ait de fond, le bac à compost est ouvert et doit être en contact avec la terre.
Une ouverture à charnière sur le dessus évitera que les animaux viennent fouiller les restes de cuisine qui s’y trouvent. C’est pratique que cette ouverture puisse se bloquer (comme un capot de voiture) pour pouvoir être à l’aise pour retourner le compost. Avoir une ouverture sur le dessus permet aussi de garder une certaine humidité nécessaire pour la fabrication du compost.
Une trappe devant et au bas du bac sera indispensable pour extraire le compost mûr, la possibilité de pouvoir bloquer cette trappe en position ouverte facilitera les manœuvres
.
Eviter les composteurs en matière plastique, préféré un composteur en bois avec des aérations. Les lattes de bois ne doivent pas se toucher mais laisser passer l’air.
Si vous êtes bricoleur vous pouvez le construire vous-même avec du bois traité thermiquement. Nous on a acheté un modèle à monter mais il faut bricoler un minimum quand même (sans perceuse mission impossible) on a mis environ 1H15 pour le montage. Voir notre petite vidéo de montage de composteur pour vous faire une idée :
Choisir la taille idéale de son bac à compost
On peut train bien choisir de ne pas avoir de bac, mais un tas de déchets végétaux au fond de son jardin. Pour des raisons de soucis esthétiques (on voit les bacs de la rue hihi) j’ai préféré avoir des bacs à compost fermés.
Puisque vous aller y mettre, en plus de vos déchets de cuisine, les feuilles ramassées et les tontes de pelouse il faut que le bac à compost soit à la bonne taille, dimensionné pour votre jardin. Comptez 2 litre par mètre carré de jardin au moins. Dans l’idéal il faut 2 bacs à compost, un pour le compost « mûr » un pour le compost plus « jeune ».
Qu’est ce qu’on peut mettre dans le compost ?
- les épluchures de fruits et légumes
- les coquilles d’œufs
- les coquilles de noix et noisettes
- la cendre de la cheminé ou du poêle
- les tontes de pelouse
- les fleurs fanées
- le marc de café avec le filtre
- les feuilles mortes (j’ai lu quelque part que c’était mieux de les broyer avant, je les mets entières je pense que ça sera juste un peu plus long à décomposer)
- les litières animal (mais sans le caca avec faut trier avant) il existe des litières pour chat composable je vous en parlerai dans un autre billet
- le bois (mais broyé préalablement ce qui implique d’avoir un broyeur). Le bois broyé peut aussi servir de paillis.
- les mouchoirs et essuie tout (mais pas en trop grosse quantité)
Qu’est qu’il ne faut pas mettre dans le compost ?
- Les restes de plantes malades ou présentant un champignon comme l’oïdium par exemple
- Les mauvaises herbes montées en graines
- Viande, produits laitiers et poisson
- Déjections des chiens et chats (pas de carnivores en général)
Comment faire un bon compost ?
Ce n’est pas compliqué de faire un bon compost il suffit de suivre quelques conseils simples :
- Commencez par quelques branchages au fond pour aérer la partie basse (facilite le drainage et la circulation d’air). Des restes de taille d’arbuste seront parfaits.
- Retournez souvent votre compost à la fourche pour accélérer la décomposition. Si vous pouvez le faire à chaque ajout de matière c’est bien, au moins une fois tous les 15 jours à défaut. Le compost a besoin de respirer, du moins les bêbêtes qui s’occupent de le transformer.
- Pour facilité le travail de décomposition, alterner les déchets de cuisine avec les déchets de jardin.
Maintenez l’humidité, ni trop ni trop peu. Si vous voyez qu’il est un peu trop sec arroser le.
Que peut-on faire avec le compost ?
Il peut servir à amender le potager ou le jardin, mettez une couche fine et binez. Le mieux c’est de le faire en automne, pour préparer la terre pour les semis du printemps.
Pour vos plantes intérieures, 1/3 de terre, 1/3 de compost et 1/3 de sable avant de rempoter.
La boucle est bouclée et des tas de déchets ont été valorisés et vont nourrir la terre qui vous le rendra bien si vous avez un potager. C’est pas beau ça ?
6 janvier 2011
Les paysans bio en danger
Les paysans avancent, le gouvernement recule, comment veux-tu, comment veux-tu ?
Et pourtant… les paysans bio ont reçu leur compte à la fin de l’année ! Une vulgarité à peine masquée pour attribuer un CARTON ROUGE à une mesure qui est passée inaperçue ! Noël et les fêtes de fin d’année auront été une occasion rêvée pour faire passer un amendement prévoyant une réduction de 50% du crédit d’impôt aux agriculteurs convertis au bio.
Désormais, ce crédit d’impôt ne pourra excéder 2 000 euros, au lieu de 4 000 jusque-là ! Il faut savoir que ce crédit d’impôt constitue pourtant l’unique dispositif d’aide pour les petites exploitations biologiques.

Une décision en parfaite contradiction avec les engagements du Grenelle de l’environnement :
La loi Grenelle prévoit dans son article 31 de “favoriser la production et la structuration de cette filière pour que la surface agricole utile en agriculture biologique atteigne 6% en 2012 et 20% en 2020.”
Avec un peu plus de 2% des surfaces agricoles en bio en 2010 selon les derniers chiffres, la France reste la lanterne rouge de l’agriculture bio européenne.
“Je ne convertis plus rien au bio”
Le quotidien Libération a publié cette semaine le témoignage d’un agriculteur en conversion bio qui a décidé de ne plus rien convertir…
«Je ne convertis plus rien en bio» ! Pour cet agriculteur francilien, l’avenir de son exploitation est en suspens ! Depuis deux ans, il a fait passer 50 de ses 238 hectares, situés sur le plateau de Saclay en Essonne, en agriculture biologique. Et comptait convertir la totalité de ses terres. «Mais on ne peut pas piloter à vue, sans savoir quelles aides on recevra l’année prochaine… Pour l’instant, je ne convertis rien de plus en bio.»
Si cet agriculteur n’a guère de souci à se faire (l’essentiel de ses aides financières viennent des aides aux surfaces), il fait remarquer à juste titre que l’instabilité des décisions gouvernementales posent problème.
Un véritable recul qui risque de faire hésiter les agriculteurs qui se posent encore la question de la conversion ou qui étaient sur le point de se convertir au bio.
Un véritable recul qui laisse nos agriculteurs sur leur faim.
Les associations se révoltent
Des associations telles que la Confédération paysanne, Nature et progrès et la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FANB), s’indignent également envers ce qu’elles estiment être «une mesure drastique à l’échelle des fermes» contre un «crédit d’impôt qui avait comme principal mérite de remettre un peu de justice dans l’attribution des aides, notamment parce qu’il ciblait surtout les petites structures qui n’en percevaient pas ou très peu.»
Pour la Fnab, quinze exploitations agricoles se convertissent au bio chaque jour en France. Une dynamique qui pourrait être divisée par deux avec ce nouvel amendement !
Le gouvernement persiste et signe
Si la mesure est passée inaperçue, la grogne des associations s’est bien fait sentir, et le gouvernement a tenu à réaffirmer ses engagements pour l’agriculture biologique via un communiqué commun des ministères de l’Écologie et de l’Agriculture daté du 5 janvier 2011. Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet veulent rassurer en rappelant que les aides européennes et de l’État permettront d’”accompagner” la production biologique française. Ils ont souligné que la France bénéficiera d’une augmentation de 18% des aides de la PAC (Politique agricole commune) qui s’élèveront à 84 millions d’euros (conversion et maintien) en 2011 contre 71 millions en 2010.
L’agriculture biologique : une solution durable
Rappelons que l’agriculture biologique est une pratique moderne, propre, durable :
- bénéfique pour notre environnement,
- bénéfique pour notre santé
- bénéfique pour la création d’emplois non délocalisables.
Casser une dynamique de développement encore fragile va inévitablement freiner la montée en puissance d’une chaîne vertueuse, capable de répondre aux défis actuels…
La demande de produits bio augmente, mais sans producteur, que faire ?
Les français veulent plus de produits bio et on est en droit de se demander ce qu’il va rester au marché Bio français pour s’approvisionner ? L’importation (la France importe déjà 40 % des produits bio consommés) ? Est-ce vraiment une solution souhaitable et pérenne ? En aucun cas !
Ne serait-il pas plus cohérent d’encourager la production biologique locale ?
Nature & Progrès, la Confédération Paysanne et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) demandent vivement à ce que le Ministère de l’économie revoit sa copie, en accord avec les annonces du Grenelle !
Nous aussi !
Retrouvez cet article sur :
- Locavorespirit : Le gouvernement fait-il les poches des paysans bio ?
- Mon panier bio : Le gouvernement fait-il les poches des paysans bio ?
- Le blog de ShopEcolo : Le gouvernement fait-il les poches des paysans bio ?
- Mikemetz.org : Le gouvernement fait-il les poches des paysans bio ?
- Objectif Planète : Le gouvernement fait-il les poches des paysans bio ?
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