23 juillet 2010

Cuisine écologique : comment bien choisir son saumon ?

saumon

Pour mon premier article sur ce blog, je vais vous parler d’un sujet qui me tient à cœur, et qui permet de prouver que prendre soin de soi et de sa santé et essayer de préserver la planète vont souvent de pair dans l’alimentation, comme j’essaie chaque jour de l’apprendre à mes clients. Aujourd’hui, le saumon, qui est un poisson sur le papier excellent pour la santé, riches en bonnes graisses (oméga-3), mais dont l’origine peut tout changer…

Du luxe à la démocratisation

A l’origine produit haut de gamme, le saumon est aujourd’hui l’un des poissons les plus achetés en France. Notre pays en est d’ailleurs le 2e plus gros consommateur mondial derrière le Japon. Dans les années 80, face à une demande de plus en plus forte et à une pollution et une surpêche ayant fait chuté drastiquement les espèces sauvages, certains pays se sont lancés dans l’élevage avec un succès commercial qui ne s’est pas démenti. Ce qui a permis de soutenir l’explosion de la consommation, avec la mode des sushis depuis les années 90, l’enrichissement de certains pays en développement, etc. Mais cette démocratisation, comme pour tous les produits à la mode (fraises, tomates, etc.) a un coût écologique énorme.

Des élevages intensifs qui n’ont rien à envier aux fermes terrestres

95% du saumon atlantique vendu en France est issu de l’élevage, les principaux producteurs étant la Norvège, le Chili, l’Ecosse et l’Irlande. Dans toutes les fermes aquacoles intensives, surtout présentes en Norvège et au Chili, les saumons sont entassés dans des cages avec une densité telle qu’une part importante des poissons meurent déjà par manque d’oxygène dans l’eau. Ensuite, comme toujours, le nombre favorise la multiplication et la transmission des maladies, au premier rang desquelles les poux de mer.

Parasite naturel du saumon, ce sont de minuscules crustacés qui peuvent tuer les poissons en leur mangeant la peau et en provoquant des trous. Malheureusement, ils prolifèrent dans les élevages, pouvant provoquer la mort de près de la moitié d’un élevage. Les scientifiques cherchent donc à tuer ces poux de mer par tous les moyens, le plus répandu étant par traitement des saumons aux antibiotiques, ce qui participe ensuite à notre propre résistance aux antibiotiques à force d’ingérer des animaux traités.

Mais depuis 2009, des chercheurs ont découvert qu’un pesticide, le diflubenzuron, interdit en milieu aquatique dans l’Union Européenne, avait une action antiparasitaire s’il était ajouté à l’alimentation des poissons, comme montré récemment sur France 3. Oui, vous avez bien lu : des fermes en Norvège donnent, soit dans la nourriture soit littéralement balancé dans l’eau (donc répandu dans la mer), un pesticide strictement réservé aux traitements végétaux. Vous allez me dire : mais comment peut-on autoriser cela ? La Norvège n’est pas dans l’UE, et donc non soumise aux mêmes règlementations communautaires, et un accord de libre-échange permet la circulation des marchandises sans contrainte.

Une remarque sur le Chili : 2e producteur mondial avec une grande partie des fermes appartenant à des investisseurs norvégiens, le Chili est certainement un cas encore moins reluisant. Malheureusement, l’absence de régulation et de contrôle limitent les données disponibles, mais en 2007, les fermes chiliennes avaient utilisé 600 fois plus d’antibiotiques que les norvégiennes, pour un volume de poissons équivalent.

Une catastrophe écologique

Au niveau environnemental, ces fermes à grande échelle posent 2 problèmes majeurs :

  • Pour produire 1kg de saumon, il faut 4 à 6 kg de poissons pour leur alimentation, ce qui ne fait qu’accélérer la disparition des réserves de poissons sauvages (qui auront peut-être tous disparu d’ici 2050 selon un rapport de l’ONU)
  • Le nombre de poissons est tel que les fonds marins en-dessous des cages sont complètement morts, recouvert de tonnes de déjections et de restes de nourriture

Que faire ?

Au final, vous l’aurez compris, mieux vaut éviter les poissons issus de ces élevages industriels. La première chose est de varier les plaisirs. Sardines, maquereaux, harengs sont également des poissons gras des mers froides excellents pour la santé, et nécessairement sauvages.

Ensuite, pour le saumon, vous pouvez trouver du saumon sauvage argenté du Pacifique, forcément dans le rayon surgelé, car les Américains ont su préserver mieux que nous leurs réserves en Alaska.

Et pour le saumon d’élevage, n’achetez que du labellisé :

  • Au minimum Label Rouge, qui garantit plus d’espace et moins de traitements aux poissons
  • Et encore mieux bio (seuls des fermes en Irlande et en Ecosse sont pour le moment agréées), où 30% de leur nourriture est d’origine végétale bio, et où les farines de poissons sont issus de pêches durables gérées par des quotas.

N’oubliez jamais que vos achats ont un réel impact sur notre planète !

Benjamin

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A l’heure du clonage

Je vous recommande cette vidéo très bien faite et si parlante sur l’élevage industriel et le clonage des animaux !

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